La qualité des outils horloger en question ?

En matière d'outillage horloger, les trois principales sources d'approvisionnement sont la Suisse, l'Inde et la Chine.

La qualité Suisse n'est plus à démontrer. On peut rarement prendre en défaut des produits fabriqués en Suisse ou avec un cahier des charges Suisse. Ce sont des produits bien finis, bien conçus et bien emballés. Il faut bien leur trouver un défaut. Ils sont (plus) chers et même quelquefois très chers.
Ces outils sont conçus pour des professionnels et sont destinés à durer toute une vie professionnelle. Le fabricant le plus connu : Bergeon fabrique des outils horloger de qualité depuis 1791. Bergeon fournit des pièces détachées pendant des décennies. Vous pouvez retrouver la moindre vis, le moindre écrou, le même volant que celui d'origine pour votre potence. Evidemment, la conception et les matériaux sont à l'avenant.

Beaucoup de fournisseurs suisse, français ou allemands font fabriquer en Chine. C'est un secret de polichinelle. Cela n'a pas beaucoup d'incidence sur la qualité finale. Les chinois qui ont une réputation exécrable en matière de qualité peuvent parfaitement faire du bon matériel, il sera simplement plus cher que le matériel chinois qui vise le 1er prix.

On peut donc avoir du bon matériel, signé par un fournisseur ou fabricant occidental, à un prix inférieur à celui que l'on aurait si le produit avait été fabriqué en Europe. L'outil horloger ne déroge pas à la règle.
Là où la difficulté commence, c'est lorsqu'un fournisseur Européen, US ou Suisse signe des produits chinois 1er prix vendus au prix fort, soit nettement plus cher qu'un produit chinois ou indien étiqueté comme tel. Il entretient la confusion auprès des clients. Une sorte de contrefaçon à l'envers !

D'une manière générale, on peut retenir que la production chinoise pourrait être de qualité mais ne l'est pas. C'est généralement la moins chère mais ce sont souvent des outils à usage unique.

La production indienne est d'une qualité intermédiaire concernant les outils simples ou très connus (outil bracelet, étau alu. clé 3 points, mandrin...). Ce qui est notable, c'est que la plupart des outils plus sophistiqués ne tiennent pas la comparaison avec leur équivalent Suisse (Bergeon, Horotec).
Sophistiqué ne signifie pas complexe. Une fourche large sur un outil bracelet est généralement solide quelque soit la provenance. Pour une fourche fine, c'est autre chose. Indienne ou chinoise, les mensurations sont variables et la fourchette sera tordue après quelques utilisations. Ni le matériau, ni le process de fabrication ne sont vraiment maîtrisé. Contre-exemple : Un tournevis de qualité française ou suisse vous évitera bien des déboires et du temps perdu. Le tournevis est un outil complexe (à fabriquer) et technique. L'acier de la lame va déterminer sa durée de vis, sa résistance à la torsion et sa capacité à être affutée. De même, le système de maintien de la lame est déterminant à l'usage. Quoi de plus agaçant qu'une lame qui tourne sur elle-même ?

Il faut aussi mentionner le fait que certains outils (étau aluminium, filière, ouvre-boîtiers pour fonds à cannelures, clé 3 points) valent jusqu'à 10x plus chers que leur équivalent indien. La question peut alors se poser de savoir si tel ou tel outil peut être remplacé par son équivalent indien. Certains outils courants sont bien maîtrisés par les fabricants de "génériques" et il serait dommage de s'en passer.

Quelle est la solution pour avoir des outils fonctionnels ? Pour un usage professionnel ou intensif, la question est dénuée de sens. On achète la meilleure qualité possible. On peut éventuellement utiliser quelques outils simples d'origine indienne pour atténuer l'investissement de départ.
Pour un usage de collectionneur / amateur, même principe à appliquer quoiqu'avec plus de souplesse. Les outils utilisés couramment seront choisis avec soin, pour ceux qui servent rarement, on peut envisager de se les prêter entre collectionneurs. Un tel apporte sa potence pour montres étanches Bergeon, tel autre sa potence aux verres. D'une manière générale, mieux vaut un bon outil ou faire faire l'intervention si l'outil en question ne pourra jamais être amorti.
Enfin, pour ceux qui ont un usage très ponctuel. On peut retenir que les outils simples, génériques peuvent être fonctionnels mais pour toutes les opérations complexes, mieux vaut s'en remettre à un professionnel.

L'idéal est de s'adresser à un professionnel de l'outillage qui aura fait le tri (c'est son travail) dans ce qui est fonctionnel ou pas et pourra réellement proposé le meilleur rapport qualité / prix. Les retours sur les forums et maintenant les réseaux sociaux permettent de se faire une idée assez précise  de ce qui est vendu sur les différents sites ou plateformes. On peut choisir un article à petit prix pour un usage unique ou bien un outil de qualité professionnelle. L'important, ici comme ailleurs, est la quantité d'informations dont on dispose et la confiance que l'on peut accorder à tel ou tel fabricant, grossiste, distributeur ou détaillant.

Pour terminer, l'on peut conclure que "Le prix s'oublie, la qualité reste" comme nous le rappelle un personnage d'Audiard.
Partager vos expériences en matière d'outillage horloger. Il existe de bons et mauvais plans, partagez-les.