Pierres à aiguiser India et Arkansas


Les pierres à aiguiser sont particulièrement utiles à l'horloger pour aiguiser ses lames de tournevis.
Il existe de nombreux modèles de pierres dont les plus connus de l'horloger sont l'India et l'Arkansas. Ces pierres s'utilisent avec de l'eau ou de l'huile à pierre. Une seule utilisation à l'huile condamne la pierre a être toujours utilisée à l'huile. Nous recommandons l'utilisation à l'eau qui est nettement plus pratique. La fonction de l'eau étant de refroidir mais aussi d'évacuer les débris de l'opération.

La pierre India est une marque déposée de Norton, USA et n'est pas fabriquée en Inde mais aux USA.
C'est une pierre souvent présentée en double face, ce qui permet d'avoir 2 grains différents afin de pouvoir aiguiser de A à Z. D'autres marques comme Müller (Incorum Olstein) ont la même fonction que l'India. La pierre India est souvent suffisante mais peut être utilement complétée par une pierre Arkansas.
La pierre Arkansas est nettement plus fine au toucher,que la pierre India, elle semble lisse. C'est un compactage de coquillages naturels qui permet un affutage très fin pour une finition parfaite. Souvent présentée sous coffret bois, elle est très durable.

Ces pierres sont nécessaires pour avoir des tournevis parfaitement fonctionnels. Elles seront utilement complétées par un outil permettant de faire rouler la lame selon un angle bien défini d'environ 20 degrés.

Les brucelles d'horloger (partie IV : Les finitions)


IVème et dernière partie de la saga des brucelles d'horloger, la finition est un élément complémentaire de compréhension de la complexité de cet outil.
On distingue 3 finitions de base : industrielle (électronique), standard, biologie. La qualité de finition va croissante. Les tolérances dans les mensurations livrées sont de plus en plus restreintes. Toutes les brucelles de haute qualité sont terminées à la main.
Les brucelles peuvent être polies ou mates (pour éviter les reflets sous microscope notamment), striées (souvent dans le milieu médical pour une meilleure tenue avec des gants latex), recouvertes d'epoxy ou de téflon pour limiter les marques sur les objets tenus ou neutraliser leur conductibilité.
Les pointes font encore l'objet d'une attention particulière, elles peuvent être polies (le plus courant), matifiées, brossées (au micron) pour une meilleure tenue des pierres préciseuses les plus petites, sablées (pour les mêmes raisons), striées ou encore poli-miroir pour éviter de marquer les pièces.

La brucelle d'horloger est un outil indispensable dont la fonction est simple et complexe pour être parfaitement adaptée à un travail de haute précision. Sa matière, longueur, finesse, forme, son poids et sa finition sont autant de qualités qui lui sont conférés par l'expertise du fabricant pour la main de celui qui la tiendra !

Les brucelles d'horloger (partie III : Le lettrage)


La numérotation de la finesse et de la forme des brucelles est complétée par un lettrage permettant d'élargir les possibilités.
Avec les mêmes précautions que pour la numérotation, le lettrage peut être propre à une marque et la standardisation ne pas se retrouver d'une marque de brucelles à l'autre.
A : Pointes fortes, forme épaisse
AA : Pointes fortes, forme fine
F : Pointes larges et carrées
GG : Pointes fortes, forme aiguisée
H : Triangulaire
L : Pointes super-fines avec bagues de serrage
P et PP : Pointes fortes, forme allongée
S et SS : Pointes fines, corps fin
L5/15 : Pointes fines pliées à 15°
N : Brucelles négatives (en appuyant on ouvre les pointes)
M : Fines ou extra-fines, elles ont la particularité d'être extra-courtes (70mm)

Bien entendu, la plupart des numéros et lettres sont disponibles en différentes matières (voir le post I).

Les brucelles d'horloger (partie II : La numérotation)


Toutes les brucelles d'horloger comporte un numéro qui renvoie à la finesse de leur pointe ou à leur forme.

Voici les numéros les plus courants et d'autres plus spécifiques à certaines formes de brucelles. Cette échelle est indicative et ne peut servir de référence.

La multiplicité des formes et finesse des pointes est telle qu'il est difficile de les résumer en quelques lignes. De plus, les fabricants de brucelles précisent que les pointes peuvent différer (très légèrement) de la référence de leur catalogue car il s'agit d'un produit manufacturé (fini à la main). Enfin, cette échelle est tirée du fabricant Dumont, certains numéros exclusifs seront donc introuvables sous d'autres marques.

N°0 jusqu'à 00 : Pointes fortes, forme Genève
N°1 : Pointes fortes
N°2 : Pointes fortes (moins fortes que les n° 2), une 2A a des pointes rondes.
N°3 : Pointes fines
N°4 : Pointes extra-fines
N°5 : Pointes super-fines (5A a par exemple des pointes obliques)
N°6 : Pointes en forme de crochet
N°7 : Pointes en forme de faucille
N°8 : Forme spéciale (plate et épaisse) pour redresser les pivots
N°9 : Forme spéciale pour courber les spiraux (le numéro après 9/ donne la grandeur)
N°10 : Forme spéciale pour courber les spiraux (le numéro après 10/ donne la grandeur)
N°11 et 12 : Pointes fines pour pièces délicates
N°13 : Pour équilibrer les balanciers
N°14 : Enlever et tenir les aiguilles
N°15 : Marquer les spiraux
N°23,24,25 : Pour vis et fourchettes
N°27 INC : Spécial Incabloc
N°45,46,49,51,53,54,55 : Formes spéciales ou corps léger
N° 60,70,191 : Pointes coupantes, avec bagues de serrage et pour tenir les vis

Voilà pour les numéros. La suite avec les lettres...

Les brucelles d'horloger (partie I : Les matières)




Un horloger doit avoir des doigts de fée pour saisir les minuscules pièces mécaniques dont il a besoin. Ce sont les brucelles de l'horloger qui permettent de saisir, couper, tenir, poser, déposer et maintenir ces éléments mécaniques si fragiles. Indispensables, elles sont souvent nombreuses sur l'établi, chacune est dédiée à une fonction et a été conçue pour rendre un service particulier. Aujourd'hui, les techniques de fabrication sont complexes et font appel à des alliages spéciaux permettant d'optimiser la tenue et la durée dans le temps de cet outil si précieux qu'aucun horloger ne saurait s'en passer.
Offrir un panorama des brucelles d'horloger pourrait couvrir un ouvrage complet. Nous nous limiterons au descriptif des aciers les plus couramment utilisés et aux modèles de brucelles horlogères les plus courantes.
Pour la réalisation de ce post, nous nous sommes largement appuyés sur le catalogue de brucelles Dumont.
L'entreprise Dumont (Suisse) est spécialisée dans les brucelles d'horloger depuis 1881. Elle fabrique des instruments de très haute qualité qui servent aujourd'hui l'horlogerie, la médecine, l'industrie électronique et l'esthétique. Avec plus de 3200 brucelles au catalogue 2007-2008, il est possible de trouver des brucelles pour tous les usages de l'horlogerie adaptées à toutes les mains !
D'autres marques Suisse telles que Fontax, Regine, Rubis, Etic ou Bergeon distribue leurs brucelles mais Dumont reste une référence incontestée en la matière, c'est pourquoi la numérotation et le lettrage s'appuieront sur leur référence.

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Sans entrer dans les détails les plus techniques, disons que les alliages utilisées relève du secret de fabrication et font toute la qualité d'une brucelle adaptée à son usage.
Plusieurs grandes familles de métaux peuvent être distinguées :
- Les aciers inox (inoxydables) : peu sensibles à la corrosion, ils supportent bien des températures élevées (400°C) mais ne sont pas tous stérilisables. L'inox est un alliage magnétique qui donnent des pointes moins dures que l'acier au carbone qui a lui le désavantage d'être sensible à la rouille. L'acier antimagnétique (à 80%) résiste moins bien à la corrosion et s'avère moins dur que l'acier inox, il peut être stérilisé à 270°C et supporte également 400°C.
- Les alliages spécifiques comme le Dumoxel ou le Dumostar qui sont insensibles à la corrosion, antimagnétiques (95% pour le Dumoxel), stérilisables (270°C à 500°C pour le Dumostar) et résistent aux acides les plus courants. Ces alliages ont été développés par la société Dumont.
- Le Titane est une matière très légère (-40% par rapport à l'inox), plus flexible, il est aussi moins dur que l'acier inox mais il a un avantage majeur pour l'horloger : il est 100% antimagnétique et supporte 430°C. Une brucelle (n°3) en Titane pèse seulement 6 grammes.
- Le nickel et le laiton sont moins connus mais très appréciés pour leur capacité à limiter les marques sur les pièces et pour leur antimagnétisme à 100%.
- A signaler également un alliage intéressant et assez bien distribué : le Taxal (développé par la société Fontax, Suisse) : Alliage anti-magnétique (100%), élaboré sous vide avec un mixte de chrome, cobalt et Titane.
- Enfin, haute technologie oblige, les pointes en céramique blanche ou noire sont absolument antimagnétiques (peuvent aussi être anti-statiques), stérilisables au micro-ondes et utilisables en chambre stérile. Elles permettent les soudures entre des métaux auxquels elles ne colleront pas. Plutôt réservées aux laboratoires médicaux et bijoutiers pour leurs caractéristiques si particulières.